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Législation
SOMMAIRE
1. CONTRAT DE TRAVAIL
2. SALAIRES
3. DUREE DU TRAVAIL
4. CONGES
5. SECURITE SOCIALE ET CHARGES SOCIALES
6. RAPPORT EMPLOYEUR-EMPLOYE
7. ACCIDENTS DU TRAVAIL ET MALADIES PROFESSIONNELLES
8. MEDECINE DU TRAVAIL
9. INSPECTION DU TRAVAIL
Le
Maroc est doté d'une législation de travail moderne, inspirée
des conventions et recommandations du Bureau International du
Travail. Le nouveau code de travail entré en vigueur le 6 mai
2004, a été élaboré avec la participation des opérateurs
économiques et sociaux qui sont profondément convaincus du rôle
qu'ils doivent jouer pour garantir un climat propice dans le
monde du travail, et régler plusieurs questions dont :
o
Le
contrat de travail
o
Les
conditions de travail
o
La
classification du personnel
o
Les
relations dans le travail
o
Les
droits et les devoirs
o
Les
conflits et l’arbitrage
o
Les
principes d’équité
A) Recrutement :
Le
contrat de travail se fait entre l'employeur et l'employé pour
une durée déterminée ou indéterminée, ou bien pour accomplir un
travail précis.
Le
contrat conclu pour une durée maximum d'une année devient un
contrat à durée indéterminée lorsqu'il est maintenu au-delà de
sa durée.
Le
contrat de travail à durée déterminée peut être conclu dans les
cas où la relation de travail ne permet pas une durée
indéterminée (remplacement d'un salarié, accroissement
temporaire de l'activité de l'entreprise, travail à caractère
saisonnier, création d’une entreprise, lancement d’un nouveau
produit non agricole).
Lors
de le recrutement, l’employeur est tenu de communiquer aux
salariés par écrit, les dispositions relatives aux domaines
ci-après :
o la
convention collective de travail et, le cas échéant, son contenu
o le
règlement intérieur
o les
horaires de travail
o le repos
hebdomadaire
o la
préservation de la santé et de la sécurité, et la prévention des
risques liés aux machines
o les
date, heure et lieu de paye
o le
numéro d'immatriculation à la Caisse nationale de sécurité
sociale
o
l'organisme d'assurance les assurant contre les accidents de
travail et les maladies professionnelles.
Le
contrat de travail peut être provisoirement suspendu dans les
cas suivants :
o pendant
la durée de service militaire obligatoire
o pendant
l'absence du salarié pour maladie ou accident dûment constaté
par un médecin
o pendant
la période qui précède et suit l'accouchement dans les
conditions prévues par le code du travail.
o pendant
la période d'incapacité temporaire du salarié résultant d'un
accident du travail ou d'une maladie professionnelle
o pendant
les périodes d'absence du salarié prévues par le code de
travail.
o pendant
la durée de la grève
o pendant
la fermeture provisoire de l'entreprise intervenue légalement.
Toutefois, le contrat de travail à durée déterminée prend fin à
sa date d'échéance.
B) Période d’essai :
La
période d'essai permet à chaque partie de rompre le contrat de
travail, sans préavis ni indemnité, et peut être renouvelée une
seule fois.
La
période d'essai dans le cadre de contrats à durée indéterminée
est fixée à :
o
trois mois pour les cadres et assimilés
o
un
mois et demi pour les employés
o
quinze jours pour les ouvriers
En ce
qui concerne les contrats à durée déterminée, la période d'essai
ne peut dépasser:
o
une
journée au titre de chaque semaine de travail dans la limite de
deux semaines lorsqu'il s'agit de contrats d'une durée
inférieure à six mois
o
un
mois lorsqu'il s'agit de contrats d'une durée supérieure à six
mois.
Toutefois, après une semaine de travail, la rupture de la
période d'essai non motivée par faute grave du salarié, est
subordonnée aux préavis suivants :
o
2
jours s'il est payé à la journée, à la semaine ou à la quinzaine
o
8
jours s'il est payé au mois.
Après
l'expiration de la période d'essai, le salarié licencié sans
faute grave, doit bénéficier d'un délai de préavis d’au moins
huit jours.
Des
périodes d'essai inférieures à celles mentionnées ci-dessus
peuvent être prévues par le contrat de travail, la convention
collective ou le règlement intérieur.
C) Cessation d’activité et indemnités
Les
sanctions disciplinaires appliquées graduellement contre un
employé pour faute grave (article 39), et épuisées durant
l’année, donnent droit à l’employeur pour procéder au
licenciement.
Toutefois, si l’employé quitte son travail en raison d’une faute
grave venant de l’employeur (article 40), le licenciement sera
considéré comme abusif
En cas de cessation
d’activité,
o
l'employeur doit délivrer au salarié un certificat de travail,
dans un délai maximum de huit jours à la fin du contrat de
travail.
o
Le
salarié est tenu de délivrer à l'employeur un reçu pour solde de
tout compte, pour s'acquitter de tout paiement envers lui.
Le
salarié lié par un contrat de travail à durée indéterminée a
droit à une indemnité, en cas de licenciement après six mois de
travail dans la même entreprise quels que soient le mode de
rémunération et la périodicité du paiement du salaire.
Le
montant de l'indemnité de licenciement pour chaque année ou
fraction d'année de travail effectif est égal à :
o
96
heures de salaire pour les cinq premières années d'ancienneté
o
144
heures de salaire pour la période d'ancienneté allant de 6 à 10
ans
o
192
heures de salaire pour la période d'ancienneté allant de 11 à 15
ans
o
240
heures de salaire pour la période d'ancienneté dépassant 15 ans.
Il est
librement débattu entre employeur et salarié, mais il ne peut
être inférieur, selon les secteurs d'activité au salaire
minimum.
A) Salaires minimums
o
Salaire
Minimum Interprofessionnel Garanti SMIG : 9,66 DH/heure
à partir de
juillet 2004.
o
Salaire
Minimum Agricole Garanti (SMAG) : 50DH/jour
à partir de juillet 2004 Tous les travailleurs doivent
percevoir, en sus de leur salaire, une prime d'ancienneté de :
5 % du salaire après 2 ans de service continus ou non dans le
même établissement ou chez le même employeur ;
10 % après 5 ans de service
15 % après 12 ans de service
20 % après 20 ans de service
B) Salaires moyens
Ils
sont débattus librement entre employeurs et employés. Ci-après,
des exemples antérieurs à juillet 2004 .
o
Ouvrier qualifié : 12,04-12,98 DH/heure
o
Chef d'équipe : 14,85-16,77 DH/heure
o
Contremaître : 2 750-3 630 DH/mois
o
Ingénieurs et cadres : 6 600-11 000 DH/mois
A ces
coûts de salaires, variables selon les branches d'industrie,
s'ajoutent les charges sociales. Ces dernières sont de l'ordre
de 17% de la rémunération brute mensuelle.
C) Salaire des cadres :
Le
tableau ci-après est élaboré selon une enquête réalisée par
Capital Consulting sur la rémunération des cadres en 2003-2004,
sur un échantillon d'une cinquantaine d'entreprises marocaines
et de filiales de multinationales.
|
Salaires des cadres |
|
Fonction du cadre |
Rémunération brute annuelle
globale (moyenne en dhs) 2003-2004 |
|
Directeur Général |
978 487 |
|
Directeur Commercial |
675 729 |
|
Responsable de la Trésorerie |
270 368 |
|
Responsable du recouvrement |
236 909 |
|
Responsable Formation |
236 909 |
|
Directeur Logistique |
605 976 |
Source :
Journal l’Economiste
Dans
les activités non agricoles, la durée normale de travail des
salariés est fixée à 2288 heures par année ou 44 heures par
semaine
La
durée annuelle globale de travail peut être répartie sur l'année
selon les besoins de l'entreprise à condition que la durée
normale du travail n'excède pas dix heures par jour
Dans
les activités agricoles, la durée normale de travail est fixée à
2496 heures dans l'année
Dans
les activités non agricoles, est considéré comme travail de nuit
tout travail exécuté entre
21 heures et
6 heures. Dans les activités agricoles, est considéré
comme travail de nuit tout travail exécuté entre
20 heures et
5 heures.
Les
heures supplémentaires donnent lieu à une majoration de salaire
de 25 % si elles sont effectuées entre 6 heures et 21 heures
pour les activités non agricoles et entre 5 heures et 20 heures
pour les activités agricoles, et de 50 % si elles sont
effectuées entre 21 heures et 6 heures pour les activités non
agricoles et entre 20 heures et 5 heures pour les activités
agricoles.
La
majoration est portée respectivement de 25% à 50% et de 50 % à
100 % si les heures supplémentaires sont effectuées le jour du
repos hebdomadaire du salarié, même si un repos compensateur lui
est accordé.
A) Congé annuel
- Tout
travailleur a droit à un congé après six mois de travail,
continus et effectifs.
- Le
droit à congé payé est calculé sur la base d'un jour et demi
ouvrable par mois de service. Il est cependant de deux jours
ouvrables par mois de service effectifs pour les travailleurs
âgés de moins de 18 ans.
-
L'ancienneté dans un établissement ou chez le même employeur
donne droit à un jour et demi ou 2 jours de congés
supplémentaires par période de 5 années de service.
B) Repos
hebdomadaire
- Il
est fixé à une durée minimum de 24 H consécutives pour tout le
personnel d'un même établissement.
C) Jours fériés
C.1. Fêtes nationales
·
11
Janvier (Manifeste de l'Indépendance)
·
30
Juillet (Fête du Trône)
·
1er
Mai (Fête du Travail)
·
23
Mai ( Fête nationale)
·
14
Août (Journée Oued Ed-Dahab)
·
20
Août (Révolution du Roi et du Peuple)
·
21
Août (fête de la jeunesse)
·
6
Novembre (Anniversaire de la Marche verte)
·
18
Novembre (Fête de l'Indépendance)
C.2. Fêtes religieuses
(Déterminées selon le calendrier
hégirien lunaire)
·
1er
Moharrem (jour de l’an hégirien)
·
Aïd
El Fitre (Fête de fin du Ramadan)
·
Aïd
El Adha (Fête du Sacrifice).
·
Aïd
El Mawlid Annabaoui (Anniversaire de la naissance du Prophète
Mohammed)
C.3. Autres
Des
congés spéciaux ou pour convenances personnelles sont prévues à
l’occasion notamment du mariage, d’une naissance, du décès d’un
membre, d’une maladie, ou d’une intervention chirurgicale subie
le conjoint ou un enfant à charge.
A)
Sécurité Sociale
Le
Maroc est doté d’un système de sécurité sociale obligatoire et
est signataire de plusieurs conventions dans ce sens.
- Tout
employeur est tenu de procéder à son affiliation à la Caisse
Nationale de Sécurité Sociale (CNSS),
ainsi qu'à l'immatriculation de ses salariés et apprentis à la
caisse.
- Le
taux de cotisation du à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale
sont les suivants :
o
Par patronale
: 16.10 % du salaire brut.
o
Part
salariale : 4.29 % du salaire brut
o
Le salaire
soumis à cotisation est plafonné à 6000 Dirhams
Pour
les prestations familiales, le taux de cotisation est de 7.5% à
la charge de l'employeur, calculé sur le salaire brut mensuel du
salarié.
|
Part patronale et salariale
des taux de cotisations CNSS |
|
Branche de prestations |
Employeur |
Salarié |
Total |
|
Prestations familiales par
rapport à la masse salariale réelle |
7,50% |
0% |
7,50% |
|
Prestations sociales par
rapport à la masse salariale plafonnée à 6000 Dirhams |
Total |
8,60% |
4,29% |
12,89% |
|
Court terme |
0,67% |
0,33% |
1% |
|
Long terme |
7,93% |
3,96% |
11,89% |
Source :
Caisse Nationale de Sécurité Sociale
B)
Charges sociales
o
Taxe de formation professionnelle : 1,6% sur le salaire brut
o
Congé annuel payé (1 jour et demi ouvrable par mois et 2 jours
pour les moins de 18 ans)
o
Jours fériés (13 jours chômés payés)
La
législation marocaine reconnaît aux travailleurs le droit de se
grouper en syndicat pour la défense de leurs intérêts
professionnels.
Le
salarié est responsable dans le cadre de son travail de son
acte, de sa négligence, de son impéritie ou de son imprudence.
Il est soumis aux textes réglementant la déontologie de la
profession et à l'autorité de l'employeur dans le cadre des
dispositions réglementaires.
L’'employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires
afin de préserver la sécurité, la santé et la dignité des
salariés dans l'accomplissement des tâches qu'ils exécutent sous
sa direction et de veiller au maintien des règles de bonne
conduite, de bonnes moeurs et de bonne moralité dans son
entreprise.
Les
litiges individuels relatifs à l'exécution du contrat de travail
sont réglés par les tribunaux sociaux.
Sont
considérés comme accidents de travail les accidents survenus par
le fait, ou à l'occasion du travail et les accidents qui se
produisent en cours du trajet d'aller et retour au travail.
L'employeur est tenu :
o
De
déclarer l'accident dans les 48 heures
o
De
verser une indemnité journalière à la victime pendant son
incapacité temporaire qui est égale à la moitié du salaire pour
les 28 jours qui suivent l'accident et au deux tiers (2/3) à
partir du 29e jour.
- En
ce qui concerne les maladies professionnelles, le travailleur
atteint d'une maladie professionnelle bénéficie des avantages
fixés par la législation, sur les accidents du travail.
Les
établissements industriels et commerciaux occupant plus de 50
salariés, sont tenus d'organiser, à la charge de l'employeur,
des services médicaux du travail. Ce service est également
imposé à tous les établissements occupant moins de 50
travailleurs lorsque leur activité peut être à l'origine d'une
maladie professionnelle.
La
surveillance de la législation marocaine du travail est exercée
par les inspecteurs de travail, ces derniers visitent les
établissements pour le contrôle de l'application des lois
sociales et les conditions de travail des salariés. En outre ils
renseignent les employés qui viennent s'informer des
dispositions légales qui les concernent. En cas de conflit, les
inspecteurs de travail tentent de concilier les différends qui
peuvent opposer travailleurs et employeurs.
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