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Rapport sur la première Conférence mondiale des
Femmes de la CSI
Bruxelles, Belgique, du 19 au 21 octobre
2009
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La première Conférence
mondiale des Femmes de la CSI « Un travail décent, une vie
décente pour les femmes : Les syndicats se placent à
l’avant-garde pour la justice économique et sociale et
l’égalité” a commencé ses travaux le lundi 19 octobre a
Bruxelles, les 450 déléguées venant de plus de 100 pays parmi
eux le Maroc (LAAGUEL Latifa/UGTM, LAHRACH Touria/CDT, LAMRI
Amal/UMT) ont clairement attesté de l’impact particulier de la
crise sur les femmes.
Réunies pour analyser l’incidence de la crise mondiale de
l’emploi sur les femmes et tracer les grandes lignes de l’action
syndicale internationale visant à renforcer la sécurité d’emploi
des femmes et à améliorer leurs salaires et conditions de
travail, les déléguées ont exprimé l’urgente nécessité
d’inscrire la dimension du genre à l’agenda de la communauté
internationale.
Les hommes comme les femmes ont été touchés par la crise. Mais
l’impact sur les femmes est négativement amplifié du fait des
inégalités dont elles étaient déjà victimes au préalable. Pour
la Confédération syndicale internationale, il est évident que la
crise financière et économique accentue de manière drastique les
inégalités. De nombreux Etats ont débloqué des fonds pour sauver
des institutions financières mais ne peuvent, ou ne veulent,
plus aujourd’hui investir suffisamment dans services publics ou
l’aide aux particuliers, deux secteurs à main-d’œuvre
majoritairement féminine.
Il est urgent d’aborder les différentes problématiques liées aux
inégalités de genre que la crise risque encore d’aggraver. C’est
notamment le cas de l’inégalité salariale. Or, la Conférence a
rappelé que des instruments pertinents existent déjà. L’Organisation
internationale du travail (OIT) dispose notamment de nombreux
outils qui peuvent assurer une meilleure protection des
travailleuses, notamment en ce qui concerne les salaires, la
protection de la maternité, ou encore le travail forcé.
Pour Sharan Burrow, présidente de la Confédération syndicale
internationale, « la crise financière mondiale est un désastre
pour l’emploi dans de nombreux secteurs. Les femmes, et
particulièrement les jeunes femmes, sont promises à un avenir
plus qu’incertain si des mesures rapides et efficaces ne sont
pas prises. L’égalité des genres est sans conteste le point clef
d’une économie mondiale juste et équitable. Les progrès en
matière de droits des femmes, particulièrement en matière de
protection au travail, sont une condition sine qua non de la
réalisation de cet objectif», a-t-elle ajoutée.
Guy Ryder, secrétaire général de la CSI a condamné le déni du
droit de participation à la Conférence qui frappe une déléguée
du Honduras, sous le coup d’un mandat d’arrêt. Deisy Ibarra,
secrétaire générale adjointe du secteur agricole et responsable
des questions liées aux femmes au sein de la CGT, est en effet
empêchée de quitter le pays en raison de sa participation à
l’occupation pacifique de l’Institut national agricole (INA).
Elle est également accusée de « crime de sédition ».
Le 21 octobre 2009 La première Conférence mondiale des femmes de
la CSI« une vie décente pour les femmes: les syndicats se
placent à l’avant-garde pour la justice économique et sociale et
l’égalité », clôture ses séances par une série de
recommandations destinées à placer l’égalité entre hommes et
femmes à un plus haut niveau de l’agenda international.
Les discussions durant la Conférence ont porté sur le fait que,
bien que les femmes fassent de plus en plus partie de la
main-d’œuvre rémunérée et des syndicats et que d’importants
avancements aient été enregistrés en matière de syndicalisation,
de négociation collective et de droits, « les femmes se trouvent
souvent défavorisées par rapport aux hommes sur les marchés du
travail de l’ensemble de la planète [et] dans la plupart des
régions, on s’attend à ce que l’impact de la crise économique
selon le sexe en termes de taux de chômage soit plus
préjudiciable aux femmes qu’aux hommes », comme le souligne le
rapport de l’OIT « Tendances mondiales de l’emploi des femmes
2009 ».
Les déléguées à la Conférence ont manifesté leur profonde
préoccupation quant à l’engagement à promouvoir l’égalité de
genre qui ne doit pas être érodé par la crise économique
mondiale. Elles ont, en outre, fermement soutenu la résolution
de la Conférence internationale du travail de 2009 concernant
l’égalité entre hommes et femmes qui souligne que « Les crises
ne doivent pas servir d’excuse pour accroître les inégalités ou
affaiblir les droits acquis par les femmes ».
La Conférence a mis en exergue les questions prioritaires pour
les femmes au travail ainsi que dans la société et la politique,
notamment la hausse du nombre de femmes dans le travail précaire
au cours des dernières années, contraignant de nombreuses femmes
à occuper des emplois à court terme et à bas salaire, avec une
protection minime voire inexistante contre l’exploitation, et
sans le moindre droit à la sécurité sociale ou à une pension.
Les résultats de la Conférence, qui seront adaptés par le Comité
des femmes de la CSI début 2010, ont mis en évidence
l’importance vitale des mesures d’action positives et des
procédures de contrôle rigoureuses pour instaurer l’égalité en
matière de genre. Les défis particuliers auxquels sont
confrontées les jeunes femmes et la nécessité pour les syndicats
de les toucher ont fait l’objet d’une discussion lors d’une
séance spéciale durant la dernière journée de la Conférence. Les
témoignages irréfutables présentés à la Conférence décrivant la
grave exploitation dont sont victimes les travailleuses
domestiques dans le monde ont renforcé l’engagement des 450
participantes à promouvoir les droits des travailleurs/euses
domestiques, dans le cadre d’une vaste campagne internationale.
« Les avantages de l’affiliation syndicale tant pour les
travailleuses que pour les travailleurs semblent clairs. La
protection et le soutien offerts par les syndicats revêtent une
importance toute particulière dans la crise économique mondiale
actuelle, alors que les conditions de travail et de vie de
millions de travailleurs/euses sont gravement menacées » a
affirmé Guy Ryder, secrétaire général de la CSI.
La Conférence a également appelé la CSI à continuer de faire
progresser l’engagement à atteindre la parité en matière de
genre dans ses programmes et structures et à poursuivre sa lutte
pour garantir une égalité de voix et de représentation aux
millions de travailleuses dans le monde entier.
Séminaire syndical, Ter Nood 16-22 Octobre 2009
Les femmes et la crise économique et
financière
L’IEOI et l’ACV-CSC de Belgique a organisé un séminaire « Genre
» à Ter Nood(Bruxelles) du 16 au 22 octobre 2009 ,20
participantes de l’Afrique et de l’Amérique latine ont
participés à ce séminaire, Le Maroc a été présenté par Latifa
LAAGUEL Secrétaire Nationale du Département de la Femme
Travailleuse de l’UGTM.
Ce séminaire analysera la situation des femmes travailleuses
dans le contexte de la crise économique et financière. Occupant
une place défavorisée sur le marché du travail et souffrant de
discriminations au niveau des salaires et des conditions de
travail, les femmes sont touchées plus durement par la crise que
les hommes. Le mouvement syndical doit apporter une attention
particulière à la dimension du genre dans l’analyse de la
situation actuelle, et dans son travail pour mettre en œuvre
l’agenda du travail décent.
Rapporteur : LAAGUEL Latifa
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