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Casablanca le 03/08/2009
Lettre du Secrétaire Général au Secrétaire
d’Etat Chargé de l’Eau de l’Environnement auprès du
Ministre de l’Energie et des Mines de l’Eau de
l’Environnement
Négociations relatives aux changements climatiques
en prévision de la 15e Conférence des Parties à la
Convention-cadre des Nations unies sur les
changements climatiques (CCNUCC).
Monsieur le Ministre,
En dépit de la situation généralisée de crise économique et
financière aggravée à l’échelon mondial, les gouvernements
devront parvenir au cours de l’année 2009 à conclure un accord
sur les changements climatiques, devant succéder à
l’actuel Protocole de Kyoto; cet accord doit acheminer notre
planète sur la voie de la protection de nos sociétés, de leur
environnement et des générations à venir.
L’Union Générale des Travailleurs du Maroc - UGTM est affiliée à
la Confédération Syndicale Internationale (CSI) qui représente
170 millions de travailleurs de 157 pays et territoires par le
biais de ses 312 organisations affiliées. Nous vous écrivons
pour vous faire parvenir la position syndicale sur ces
négociations si cruciales, ainsi que les revendications
spécifiques des syndicats visant à renforcer les dimensions
sociales et d’emploi dans le document de négociation relatif aux
changements climatiques. Nous vous demandons instamment de
soutenir les propositions qui y figurent au cours des
négociations qui se dérouleront dans cette deuxième partie de
l’année, à commencer par la réunion qui se tiendra à Bonn,
Allemagne (10-14 août) pour conclure avec la 15e Conférence des
Parties (COP15) à Copenhague, Danemark (7-18 décembre 2009),
propositions qui visent tant à défendre les intérêts de tous les
pays à l’échelon mondial qu’à répondre aux nombreux défis posés
par les changements climatiques et les mesures y afférentes, qui
doivent être relevés de toute urgence.
Les syndicats se sont engagés à soutenir des objectifs forts et
ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre
dans les pays industrialisés, qui doivent aller de pair avec des
actions efficaces visant à parvenir à réduire ou tout au moins
maîtriser l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre
dans les pays en développement, pour que leur développement ne
s’appuie pas sur les émissions de carbone. Nous demandons que
les stratégies d’adaptation soient financées de manière adéquate
et ciblent les communautés vulnérables, et une hausse de la
recherche, du développement et du déploiement de nouvelles
technologies vertes. Nous sommes convaincus qu’il est crucial de
saisir dès maintenant cette possibilité de redresser et
reconstruire les économies nationales en s’appuyant sur des
investissements responsables du point de vue social et
environnemental, qui soient capables de créer des emplois,
stimuler la croissance économique et réduire les émissions de
gaz à effet de serre.
Les négociations en cours commencent à considérer ces avantages
potentiels ainsi que les défis futurs en matière d’emploi. Nous
estimons que l’accord de Copenhague devrait signaler clairement
aux pays et aux parties prenantes que les signataires sont
conscients des impacts sociaux et économiques de l’accord, et
que celui-ci propose une stratégie pour les traiter, notamment
eu égard aux dégâts provoqués par les changements climatiques,
au droit au développement dans un monde où les émissions de
carbone sont limitées, et à la nécessité de transformer les
pertes d’emploi en de nouvelles possibilités d’emplois verts.
Compte tenu de la crise économique actuelle, ce dernier point
est particulièrement important.
Par conséquent, voici certaines de nos principales
revendications :
1. Veiller à ce que le nouvel accord enjoigne les gouvernements
à mettre en œuvre une « Transition Juste », tel qu’il apparaît
dans le paragraphe 4 du Document de Négociation. De plus, des
éléments spécifiques relatifs à ce cadre de « Transition Juste »
doivent être introduits dans les différentes sections, tels que
la consultation, la protection sociale, la formation
professionnelle, la création d’emplois verts, etc., qui visent à
protéger les plus vulnérables des risques liés aux changements
climatiques et des conséquences des mesures d’atténuation ou
d’adaptation au changement climatique.
2. S’assurer que le prochain accord mentionne spécifiquement
l’emploi et les revenus. Le mandat de la CCNUCC inclut les
mesures sociales et économiques ayant trait aux changements
climatiques; il est toutefois nécessaire de spécifier le besoin
d’inclure les revenus et l’emploi, notamment en ce qui concerne
les mécanismes de flexibilité, les politiques de déforestation,
les stratégies d’adaptation et les mécanismes financiers.
3. Inclure la promotion aux niveaux international, sectoriel,
national et local, de la consultation et du dialogue avec toutes
les parties prenantes, y compris les syndicats, comme moyen
d’encourager et d’accélérer la mise en œuvre de politiques
afférentes aux changements climatiques qui soient efficaces et
tiennent compte de l’emploi.
Le document syndical ci-joint présente de manière détaillée ces
différentes propositions. Nous vous saurions gré de faciliter
une rencontre des experts du changement climatique du mouvement
syndical national et international avec la délégation de notre
pays pour les négociations de la CCNUCC à Bonn (et les
négociations suivantes), afin de lui présenter la position
syndicale.
Nous vous prions d’examiner ce document avec soin et vous
demandons de bien vouloir appuyer les propositions qu’il
renferme lors des discussions sur la COP15 et pendant celle-ci,
et de travailler avec les syndicats au niveau national lorsque
vous aborderez cet enjeu essentiel pour notre société.
Dans l’attente de votre réponse et de vos commentaires, nous
vous prions d’agréer, /Monsieur la/le Ministre, l’expression de
ma haute considération.
Le secrétaire Général
Hamid CHABAT
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